La grammaire espagnole, expliquée par les chansons
14 courtes leçons sur la grammaire espagnole sur laquelle s'appuient les vraies chansons. Chacune explique le point simplement et donne les chansons de Verbomatico où on l'entend.
SER ou ESTAR : deux verbes pour « être »
L'espagnol coupe « être » en deux. SER dit ce que quelque chose EST : identité, origine, métier, matière et l'heure — soy médico, es de Madrid, son las tres. ESTAR dit comment ou où c'est MAINTENANT : lieu, humeur, un état qui peut changer — estoy en casa, está cansado.
Le même adjectif accepte les deux et change de sens : es aburrido (il est ennuyeux) contre está aburrido (il s'ennuie aujourd'hui).
À écouter dans : Bailar pegados (Sergio Dalma) · Con altura (ROSALÍA & J Balvin) · Corazón Partío (Alejandro Sanz) · Despacito (Luis Fonsi ft. Daddy Yankee) · En qué estrella estará (Nena Daconte) · Entre dos tierras (Héroes del Silencio) · Estoy Aquí (Shakira) · Historias de amor (OBK) · La Mitad de la Mitad (La La Love You) · Libertad (Nil Moliner) · Macarena (Los del Río) · Pero a tu lado (Los Secretos)
La terminaison -ito / -ita
Ajoute -ito ou -ita à un mot espagnol et il devient plus petit, plus doux ou plus affectueux — souvent rien de tout cela littéralement : la phrase devient simplement plus chaleureuse. De despacio (lentement) vient despacito, qui n'est pas « plus lentement » mais plutôt « tout doucement ». De suave vient suavecito.
La terminaison s'accorde comme un adjectif : -ito, -ita, -itos, -itas. Les mots en -e, -n ou -r prennent en général -cito : un cafecito, un ratito.
À écouter dans : Despacito (Luis Fonsi ft. Daddy Yankee) · En qué estrella estará (Nena Daconte) · La Camisa Negra (Juanes) · La Flaca (Jarabe de Palo) · La Mitad de la Mitad (La La Love You) · Provenza (KAROL G) · Rakata (Wisin & Yandel)
Donner un ordre (tú)
Pour un ordre informel, prends la forme de tú au présent et enlève le -s : tú hablas → habla, tú comes → come. Huit verbes sont irréguliers et méritent d'être appris par cœur : di, haz, ve, pon, sal, sé, ten, ven.
Les pronoms se collent à la fin du verbe : déjame, muéstrame, dímelo. Un accent apparaît souvent pour garder la syllabe accentuée.
À écouter dans : Bailando (Enrique Iglesias ft. Descemer Bueno & Gente de Zona) · Caminando por la vida (Melendi) · Con altura (ROSALÍA & J Balvin) · El Sol No Regresa (La Quinta Estación) · En qué estrella estará (Nena Daconte) · Entre dos tierras (Héroes del Silencio) · Historias de amor (OBK) · La Camisa Negra (Juanes) · La Flaca (Jarabe de Palo) · La Mitad de la Mitad (La La Love You) · Libertad (Nil Moliner) · Pero a tu lado (Los Secretos)
Canté ou cantaba : les deux passés
L’espagnol a deux passés simples qui ne font pas le même travail — exactement comme le passé composé et l’imparfait.
Le PRETÉRITO est un fait achevé : ayer canté en el bar, la vi tres veces.
L’IMPERFECTO est le décor — comment c’était, ce qui se répétait : cuando era pequeño cantaba todos los días.
Les deux se croisent dans la même phrase : cantaba cuando sonó el teléfono.
À écouter dans : 19 días y 500 noches (Joaquín Sabina) · Caminando por la vida (Melendi) · Con altura (ROSALÍA & J Balvin) · Corazón Partío (Alejandro Sanz) · Efectos Vocales (Nach) · El Sol No Regresa (La Quinta Estación) · Felices los 4 (Maluma) · Fiesta pagana 2.0 (Mägo de Oz) · La Camisa Negra (Juanes) · La Flaca (Jarabe de Palo) ·
Tout s’accorde : genre et nombre
Le nom espagnol est masculin ou féminin, et l’article comme l’adjectif doivent suivre : el coche rojo, la casa roja, las casas rojas.
La plupart des noms en -o sont masculins et ceux en -a féminins, mais pas tous : el problema, el día, la mano.
Le pluriel ajoute -s après une voyelle et -es après une consonne : libro → libros, ciudad → ciudades.
À écouter dans : Aserejé (Las Ketchup) · Bailando (Enrique Iglesias ft. Descemer Bueno & Gente de Zona) · Caminando por la vida (Melendi) · El Sol No Regresa (La Quinta Estación) · Entre dos tierras (Héroes del Silencio) · Fiesta pagana 2.0 (Mägo de Oz) · Hijo de la Luna (Mecano) · Historias de amor (OBK) · Loba (Shakira) · Mon Amour (zzoilo & Aitana) · Pero a tu lado (Los Secretos)
Le subjonctif : quand l'espagnol n'affirme plus
L'indicatif affirme ; le subjonctif laisse la phrase dans le souhait, le doute, l'émotion ou un futur incertain. Il suit presque toujours « que ».
Le réclament quiero que, espero que, ojalá, cuando + futur, para que, antes de que.
Il se forme en changeant la voyelle : hablar donne hable, comer donne coma. Les irréguliers du présent le restent : tener donne tenga, ir donne vaya.
L'imparfait (fuera, tuviera) accompagne le conditionnel : si tuviera tiempo, iría.
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Le conditionnel : ce que tu ferais
Il dit ce qui arriverait, pas ce qui arrive. Il se forme sur l'infinitif ENTIER plus -ía : hablaría, comería, viviría — pareil pour les trois conjugaisons.
Il sert à l'hypothèse, à la politesse — ¿podrías… ? est bien plus doux que ¿puedes… ? — et à supposer au passé.
Les rares irréguliers sont les mêmes que ceux du futur : tendría, haría, diría, podría, saldría.
Avec « si » plus le subjonctif imparfait il forme la phrase entière : si pudiera, te lo diría.
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Gustar et les verbes qui marchent à l'envers
On ne dit pas « j'aime la musique » : c'est la musique qui plaît, et toi tu es celui à qui elle plaît. Me gusta la música.
Le verbe s'accorde avec CE QUI plaît, pas avec la personne : me gusta la canción, mais me gustan las canciones.
Encantar, doler, faltar, quedar, importar et parecer fonctionnent pareil : me duele la cabeza, me faltan dos.
C'est pourquoi le pronom (me, te, le, nos, les) ne disparaît jamais : c'est lui qui reçoit l'action.
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Les verbes pronominaux : l'action revient au sujet
L'infinitif porte -se collé — levantarse, llamarse, irse — et en conjuguant, ce -se devient le pronom qui convient et passe devant : me levanto, te llamas, se va.
Beaucoup changent de sens avec le pronom : ir c'est « aller » et irse « s'en aller » ; dormir c'est dormir, dormirse c'est s'endormir.
Avec un infinitif ou un gérondif, deux places sont correctes : me voy a levantar ou voy a levantarme.
Et à l'impératif affirmatif le pronom se colle, parfois avec un accent : levántate.
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Hay, et le haber qu'on ne voit pas
« Hay » est impersonnel et ne change JAMAIS : hay un problema, hay mil problemas. « Hayn » ou « han un problema » n'existent pas.
Au passé c'est había, invariable aussi : había mucha gente.
Le même verbe haber est l'auxiliaire du passé composé : he cantado, has visto, hemos ido. Là, il se conjugue.
À ne pas confondre avec tener : tener c'est posséder — tengo un coche —, haber c'est que quelque chose existe — hay un coche.
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Le futur, et le « voy a » qui le remplace
Le futur se forme sur l'infinitif ENTIER : hablaré, comerás, vivirá. Les terminaisons valent pour les trois conjugaisons.
Les irréguliers sont peu nombreux et les mêmes qu'au conditionnel : tendré, haré, diré, podré, saldré, vendré.
Mais à l'oral on dit presque toujours « ir a + infinitif » : voy a cantar sonne bien plus naturel que cantaré.
Et le futur sert aussi à SUPPOSER au présent : estará cansado ne parle pas de demain, cela veut dire « il doit être fatigué ».
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Estar + gérondif : ce qui se passe maintenant
Le gérondif finit en -ando ou -iendo et ne change JAMAIS : ni genre ni nombre.
Avec estar, il dit ce qui se passe à cet instant : estoy cantando, estaba lloviendo.
Il ne sert pas au futur comme en anglais : « mañana estoy trabajando » ne va pas, on dit mañana trabajo ou voy a trabajar.
Et il ne fonctionne pas comme un nom : « nager est bon » demande l'infinitif, nadar es bueno.
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Por et para : la cause et la destination
PARA regarde devant : la destination, le but, l'échéance. Salgo para Madrid. Es para ti. Lo quiero para el lunes.
POR regarde derrière ou autour : la cause, le moyen, le prix, le lieu par où l'on passe, le temps approximatif. Lo hice por ti. Lo compré por diez euros. Paseo por el parque.
La paire qui l'explique le mieux : trabajo para ti (tu es mon patron) contre trabajo por ti (je te remplace, ou je le fais pour ton bien).
Et merci va avec « por » : gracias por todo.
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Me, te, lo, le : les pronoms atones
Ils vont DEVANT le verbe conjugué — te veo, lo sé — et se collent à la fin de l'infinitif, du gérondif et de l'impératif affirmatif : verte, viéndote, dímelo.
LO et LA sont le complément direct (lo veo, la compro) ; LE est l'indirect (le doy el libro).
Quand il y en a deux de suite, l'indirect passe devant, et LE devant LO devient SE : se lo doy, jamais « le lo doy ».
Dans une bonne partie de l'Espagne on entend « le veo » pour « lo veo » à propos de personnes : c'est le leísmo, accepté au masculin singulier.
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